Ces femmes qui m’ont fait naître.

 In accompagner la vie, Aller-retour vers l'au-delà, vieillissement

Photo de mes grands parents et 15 de leurs enfants.

Vieillir réveille les souvenirs. Le temps ralentit un peu. Les perceptions changent. La vie me parle différemment et son tissage se révèle un peu plus.

Je pensais connaitre l’ histoire de ma grand-mère Alice née dans un autre siècle, en 1895 (je crois…) . Mais tant de choses n’ont pas été partagées, par pudeur certainement de sa part et par manque d’intérêt de la mienne, dans mon insouciance de l’enfance.

Elle a connu une vie sans aucun confort, sans eau courante, sans électricité, sans argent. Elle a immigré dans un autre pays pour survivre, cousait ses vêtements, cultivait, ramassait les plantes pour soigner sa famille.

Elle a mis au monde et allaité 16 enfants, chez elle. Pas par choix. Parce-que c’était ainsi. Parce – qu’aucun service n’existait au creux des montagnes où elle vivait. Parce-que le curé lui refusait de limiter le nombre de ses grossesses.

Ma mère a connu l’essor de l’après-guerre, la modernisation, les soins médicaux gratuits, la contraception.

Et moi j’ai eu accès à l’université, aux voyages, au luxe d’ immigrer par choix et à celui de me soigner avec des plantes devenues «alternatives» au système de santé.

Lorsque je me penche au cœur de moi-même, je perçois ce fil ténu de la vie qui se colore de mes expériences et de la transmission de ces femmes qui m’ont fait naitre .

Lorsque la vie ralentit, que l’étourdissement du quotidien se calme, il reste ce souffle immuable qui a  traversé ma grand-mère puis ma mère de la même façon qu’il me traverse dans un dépouillement parfait, sans égard pour nos histoires vécues.

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