Habiter son temps

 In accompagner la vie, Entrevues, fin de vie, vieillissement

Jeune, je ne me trouvais jamais assez belle.

Des seins trop petits, un nez trop…un corps pas assez …

Cette image de moi dans la loupe déformante de mon regard a pris tant de place dans mes jeunes années.

L’autre, amoureux, a pu me faire sentir belle.

Mais quelle imposture de se sentir belle à travers le regard de l’autre.

Curieusement, c’est en vieillissant que j’ai réappris à m’aimer telle que je suis.

Enfin libre du regard de l’autre.

Il a fallu que mon corps se transforme, que mes cheveux blanchissent, pour que je me choisisse enfin, sans compromis.

Il a fallu que je retrouve ma liberté intérieure pour découvrir les privilèges d’habiter son temps.

Plus rien à prouver, plus rien à attendre. Être moi. Il a fallu apprivoiser mes propres résistances à être libre.

Je perçois la finesse du fil du temps qui passe et qui me relie à moi-même.

J’émerge d’un songe qui était devenu ma réalité.

Voilà pourquoi la joie se manifeste avec mes rides; elles ne changent rien à qui je suis vraiment.

Toutes ces années m’ont apporté autant de joies, de folies, d’amours que de peines et de ruptures. La beauté de ce parcours m’apparait plus clairement.

Nous pouvons marcher à côté de nous toute notre vie et nous rencontrer en mourant puisqu’aucun masque ne colle en cet instant de grande vérité. Nous sommes nu.e.s lors de ce passage. Nous sommes vrai.e.s.

Ou bien, nous pouvons choisir d’habiter notre temps à chaque instant, d’accepter les privilèges de ce temps qui s’incarne plutôt que de s’accrocher à une perte imaginaire.

Cette option m’apporte beaucoup de paix. Nous en avons parlé avec Annick qui entre dans la quarantaine cette année:

 

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