Accompagner malgré l’inconfort.

 In accompagner la vie, accouchement, Aller-retour vers l'au-delà, Articles, mort, naissance, Rituels de femmes

 Accompagner, c’est vivre un temps hors du temps.

C’est respirer dans l’instant, trouver la tranquillité en soi et ne plus être dominé par ses propres histoires et mémoires.

S’ouvrir, se détendre pour que l’autre sente que tout est possible et qu’il est libre.

Accompagner, c’est tenir la main et accepter l’inconfort de ne pas savoir, de ne pas avoir d’attentes, de laisser ses croyances voler en éclat pour vivre des instants magiques.

Ceux qui me connaissent savent que j’ai vécu un point tournant dans ma vie il y a presque 4 ans. J’ai accompagné ma mère alors qu’elle était dans le coma aux soins intensifs, en septicémie. J’ai été propulsée au coeur de toutes mes croyances par rapport à la souffrance, à la mort, à la «fin de vie». Parallèlement, j’étais pleine de mes années d’accompagnement des femmes qui «donnent la vie».

Alors qu’elle recevait l’extrême onction par le prêtre, elle a vécu une expérience de mort imminente et son témoignage à son réveil nous trouble: elle raconte le passage dans le tunnel vers la lumière à la fois douce et puissante qui l’attire, la sensation extraordinaire d’être enveloppée d’amour, la présence auprès d’elle des êtres chers décédés…

Elle dit avoir vécu le «plus beau moment de sa vie»! Ses yeux pétillent de joie lorsqu’elle en parle: elle était entourée d’amour, vivait en dehors de tout concept de temps, ne ressentait aucune douleur, n’était pas du tout individualisée ni associée à son corps si malade.

Elle n’était plus ce corps mais elle existait, dans la pleine conscience, reliée à ceux qu’elle aimait, attristée de leur peine alors qu’elle était si bien.

Depuis, je réfléchis beaucoup à la mort mais aussi à notre attitude auprès des femmes qui accouchent et sur notre qualité de présence dans leur accompagnement. Naissance et mort sont deux passages de notre vie sur Terre assez similaires.

Accompagner une femme qui accouche, c’est lui offrir une présence sans attente, sans projection de nos propres croyances et scénarios. Cela parait si simple…et pourtant pas toujours facile à mettre en place par les accompagnants et les professionnels présents.

Ça n’est pas une méthode qui aide une femme à accoucher, c’est cette qualité de présence à ses côtés qui la met en contact avec la vie, avec sa propre force et qui lui permet de se sentir assez en sécurité pour se laisser aller.

Accompagner quelqu’un en fin de vie requiert la même qualité de présence. Ma mère, en acceptant de «mourrir» a fait confiance,  abandonnant toute résistance. Nous avons protégé son environnement, nous avons médité auprès d’elle,  maintenant un espace sacré et serein. Elle nous a témoigné à son réveil de sa difficulté à partir tant que certains d’entre nous n’acceptaient pas ce départ dans leur coeur, de façon parfois insconsciente. Tant qu’une seule personne de son entourage ne lui permettait pas de quitter ce corps, elle était retenue et en «souffrait».

Je vous donne RDV avec le séminaire Accompagner la vie afin d’expérimenter ces états et d’explorer ces deux grands passages naissance & mort, de prendre conscience de cette vie toujours présente, quoi qu’il se passe.

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